jeudi 23.04.2026

Maintenir des conditions viables

(c) SBV/Thomas Staffelbach

La Suisse est experte en construction de tunnels. Les acquis du passé représentent un pilier du réseau de transports en Europe. En ce sens, il est indispensable de conserver des conditions-cadres attrayantes et viables.

Le savoir-faire suisse en matière de construction de tunnels est synonyme de précision et de qualité. Cette réputation résulte d’investissements durables, de conditions stables et d’une main-d’œuvre qualifiée. Loin d’être une évidence, elle ne doit rien au hasard.

Notre système de transports repose sur des tunnels routiers et ferroviaires performants. Il convient aussi de mentionner d’autres ouvrages souterrains novateurs, en particulier dans l’hydroélectricité. Alors que la mobilité, la disponibilité et la sécurité doivent répondre à des exigences croissantes, la complexité de notre branche ne cesse d’augmenter.

Si nous souhaitons maintenir ce niveau, nous ne pouvons nous reposer sur nos lauriers. Nous devons disposer des capacités, à la fois financières et humaines, ainsi que des compétences nécessaires pour répondre aux impératifs.

Le financement joue un grand rôle. Grâce au fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA) et au fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF), la Suisse dispose de deux instruments éprouvés. Leur utilisation doit s’inscrire sur le long terme.

Toutefois, l’humain occupe une place centrale. Pour attirer et fidéliser du personnel qualifié, il faut proposer des conditions de travail attrayantes: modèles flexibles et perspectives d’avenir sont indispensables. Une responsabilité qui incombe au secteur, certes, mais aussi à la politique, qui doit garantir les conditions nécessaires.

La nouvelle Convention nationale et l’annexe sur les travaux souterrains nous ont permis de franchir un pas important avec nos partenaires sociaux. Néanmoins, des conditions de travail équitables ne servent à rien sans une approche systématique des défis structurels.

Si nous souhaitons inscrire notre mobilité sur le long terme, nous devons fixer des priorités claires en matière de financement, de formation et de conditions de travail. Un secteur fort n’est pas une fin en soi, mais le gage d’un système de transports performant et d’une économie saine.