mardi 02.06.2026

Freiner la hausse des prélèvements salariaux

La SSE souhaite éviter que les employeurs doivent verser davantage d’argent à l’État; une ligne directrice qui façonne son engagement politique.

Le Parlement fédéral et la population s’apprêtent à se prononcer sur de nombreux dossiers politiques et initiatives populaires susceptibles d’augmenter les dépenses publiques de manière drastique. Dans le domaine social, des surcoûts de 13 milliards de francs par an sont à prévoir. La défense nationale devrait quant à elle coûter 3 milliards supplémentaires.

Si ces dépenses ne sont pas évitées ou compensées autrement dans le budget, les prélèvements salariaux et/ou la TVA augmenteront: une hausse de 4% de la TVA ou de 3,2% des prélèvements salariaux, répartie entre l’employeur et l’employé.

Priorité aux économies

La SSE s’engage pour que l’État réalise en premier lieu des économies plus importantes. Toutefois, si des recettes supplémentaires se révélaient inévitables, la SSE militerait pour que les prélèvements salariaux n’augmentent pas. Cette approche est d’ailleurs déjà adoptée dans le débat actuel concernant le financement de la 13e rente AVS. Le Conseil national a déjà pris en compte cette demande. À présent, les efforts au sein du Conseil des États doivent être intensifiés, ce dernier en faveur d’une augmentation à la fois des prélèvements salariaux et de la TVA.

La répercussion des salaires et coûts salariaux plus élevés sur les maîtres d’ouvrage est en théorie possible, notamment grâce à des contrats. Or, depuis 10 ans, les dépenses annuelles en matière de construction stagnent à 67 milliards de francs en Suisse. Les secteurs en amont et en aval se livrent donc à une concurrence acharnée pour obtenir la plus grande part du gâteau.

Comme les salaires du secteur principal de la construction sont plus élevés que dans les autres branches, les prélèvements salariaux pénalisent plus fortement les entrepreneurs. Les commandes sont donc davantage confiées à des secteurs concurrents. Les charges salariales, s’élevant à 17,9% pour les salariés et à 14,35% pour les employeurs, sont déjà particulièrement élevées. La FAR permettant de soulager les caisses de l’État (prévention du chômage, des accidents, etc.), la SSE s’est engagée en faveur d’une intervention politique visant à redonner ces avantages à la branche. La Confédération élabore actuellement différentes possibilités à cet effet.

Augmentations temporaires de la TVA uniquement

Une augmentation de la TVA pourrait s’avérer inévitable en cas de dépenses importantes. La SSE accepte cette mesure sous certaines conditions: les coûts doivent être calculés de manière précise, l’objectif doit être clair et l’augmentation doit être limitée dans le temps. Le pourcentage de la TVA destiné au financement de la construction ferroviaire devrait être maintenu jusqu’en 2045 au lieu de 2030, car le blocage des investissements et le besoin d’entretien sont indéniables. En revanche, l’augmentation de 0,8% de la taxe pour l’armée, comme demandé par le Conseil fédéral, reste quant à elle discutable.