jeudi 21.05.2026

Initiative de l’UDC: le SPC tributaire de la libre circulation

Près de la moitié des personnes salariées dans le secteur principal de la construction en Suisse provient de l’étranger. L’abolition de la libre circulation entraînerait une augmentation de la bureaucratie et des problèmes de recrutement. 

Depuis des décennies, le secteur principal de la construction en Suisse dépend fortement de la main-d’œuvre étrangère. Près de la moitié des personnes salariées provient aujourd’hui de l’étranger, principalement des pays de l’UE/AELE. C’est pourquoi la libre circulation constitue le garant de la viabilité du secteur. Elle permet aux entreprises de recruter en Europe une main-d’œuvre qualifiée, sans perte de temps ni procédures administratives excessives. Dans un secteur en proie à une forte pénurie de main-d’œuvre et à une importante fluctuation du nombre de projets, cet atout s’avère crucial. 

Un secteur à forte composante étrangère 

L’origine du personnel varie fortement d’une région à l’autre. Dans les cantons frontaliers, la proportion de main-d’œuvre française, allemande ou italienne se veut, par nature, élevée. Par exemple, la part de personnel français présente de grandes disparités en Suisse romande. Si elle ne dépasse pas 10% en Valais ou à Fribourg, elle s’élève à près d’un tiers dans le canton de Genève. On trouve une nombreuse main-d’œuvre italienne au Tessin, bien sûr, mais aussi dans les Grisons, en Valais, ainsi que dans les cantons d’Argovie, de Soleure et de Zurich. 

L’exemple du Valais montre à quel point le secteur principal de la construction est tributaire de la main-d’œuvre internationale. En 2024, le classement des pays d’origine s’y présentait comme suit: Suisse 35,9%, Portugal 32,7%, Italie 22,2%, ex-Yougoslavie 4,2%, autres nationalités environ 5%. La base de données de la SSE, en lien ci-dessous, permet de découvrir la répartition par nationalités dans chaque canton. Les chiffres prouvent, pour toutes les régions de Suisse, que de nombreux chantiers cesseraient de fonctionner sans main-d’œuvre étrangère. 

Des quotas source de bureaucratie accrue 
La disparition de la libre circulation et le retour à des contingents auraient des conséquences néfastes, tant pour les entreprises que pour les pouvoirs publics. Le règlement appliqué aux ressortissants/tes de pays tiers montre déjà à quel point ce système est fastidieux: il astreint notamment les entreprises à prouver qu’elles ne trouvent pas de main-d’œuvre appropriée en Suisse. Il exige de documenter offres d’emploi et efforts de recherche, de justifier les refus de candidatures et d’envoyer les contrats de travail. Même la réalisation de toutes les conditions ne garantit pas l’obtention d’une autorisation. 

Un tel système aurait des conséquences considérables pour le secteur principal de la construction, tributaire d’un recrutement flexible, rapide et planifiable. Longues procédures d’autorisation et bureaucratie accrue occasionneraient des retards dans les projets et accroîtraient la pénurie actuelle de main-d’œuvre. 

Tous les groupes professionnels concernés 
Les récentes enquêtes sur les salaires réalisées par la SSE soulignent clairement l’importance du personnel étranger dans la construction. Ce dernier représente environ 25% chez les contremaîtres et près de 50% chez les chefs/fes d’équipe; il s’élève même à plus de 70% dans certaines classes salariales CN. Même si la proportion de personnes étrangères diminue un peu dans les échelons hiérarchiques supérieurs, elle reste significative jusque chez les cadres.  

Remettre en question la libre circulation revient à menacer de nombreux chantiers, projets d’infrastructures et équipes bien rodées de la construction. Par conséquent, un non à l’initiative de l’UDC le 14 juin 2026 s’avère vital pour l’avenir de la construction en Suisse.