La conciliation est une histoire d’attitude
Concilier vie professionnelle et vie privée est devenu un enjeu central pour le secteur de la construction et des infrastructures. Ce n’est plus une question marginale, un simple modèle de travail à temps partiel. L’événement «Wir bauen auf dich!» du 26 mars dernier, animé par Ueli Schmezer, l’a clairement démontré. Y ont été abordés la flexibilité au quotidien, une nouvelle approche du management ainsi que la question de savoir comment les entreprises peuvent identifier les différents besoins de leurs collaborateurs/trices et y répondre.
La conciliation incombe à la direction
Pour Adrian Dinkelmann, directeur d’Infra Suisse, la conciliation entre vie professionnelle et vie privée est une mission essentielle du management, auquel il incombe de créer les conditions-cadres tenant compte des différentes réalités de la vie. À la lumière de deux projets soutenus par la Confédération, il a mis en évidence des domaines d’action concrets permettant aux entreprises d’aborder la question de la conciliation de manière systématique. Il ne s’agit pas ici de mesures isolées, mais d’une véritable culture ancrée au sein de l’entreprise. Jan Malmström, DG du groupe JMS, a montré, à partir d’une enquête menée au sein de son entreprise, à quel point les besoins peuvent varier. Alors que les métiers «de bureau» expriment un souhait clair de travail à temps partiel, celui-ci est nettement moins marqué chez les ouvriers de la construction. Un besoin accru de flexibilité a néanmoins aussi été constaté sur les chantiers. Avec leur co-direction d’un cabinet d’architecte, Sandra Werneyer et Lea Ott ont expliqué que le travail pouvait être repensé. Dans le même temps, il est apparu que de tels modèles exigent de hauts niveaux d’organisation et de communication. Il convient d’évaluer si la responsabilité et le management peuvent être répartis entre plusieurs personnes et quelle est la demande réelle de travail à temps partiel au sein de l’entreprise.

Perspectives et modèles à suivre
Avec un message vidéo évoquant ses expériences avant et après sa transition, l’entrepreneuse suédoise Caroline Farberger a apporté une touche personnelle et expliqué à quel point les perspectives influencent la perception. Ce n’est qu’avec le recul qu’elle a pu prendre conscience des privilèges dont elle bénéficiait dans sa vie antérieure en tant qu’homme. Son message: l’inclusion, c’est un changement de perspective remettant en question les schémas de pensée existants. Dörte Resch, professeure de psychologie appliquée à la FHNW, a également souligné que les stéréotypes sont toujours présents dans le secteur. La simple visibilité de l’entreprise, par exemple à travers des campagnes d’images, ne suffit pas. Les stéréotypes qui ne correspondent plus à la réalité des métiers de la construction doivent être activement combattus par une stratégie de marque présentant leurs aspects attractifs de manière authentique.
Besoin d’agir
La manière dont un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée peut contribuer à atténuer la pénurie de main-d’œuvre qualifiée a été évoquée lors d’une table ronde autour d’Olivier Imboden, DG d’Ulrich Imboden AG, Sven Stingelin, contremaître chez Frutiger AG Bâle, et Thomas Weber, responsable Construction routière Zurich chez Walo Bertschinger AG. Ulrich Imboden a souligné qu’une culture d’entreprise vécue au quotidien et une véritable reconnaissance sont déterminantes. Dans son entreprise, le personnel est activement impliqué et incarne les valeurs. Cela a un impact direct sur l’attractivité de l’employeur. Sven Stingelin a apporté le point de vue du chantier et clairement indiqué que la conciliation y est soumise à d’autres conditions qu’au bureau. Thomas Weber a pour sa part ajouté que les processus opérationnels et les différentes exigences des projets influencent considérablement la marge de manœuvre. Fondateur de Work-ID AG, Cornel Müller a montré comment les entreprises peuvent atteindre de nouveaux groupes cibles grâce à un marketing professionnel ciblé, notamment en suscitant très tôt l’intérêt pour le secteur.

Le point de vue de la construction et des infrastructures
- La conciliation exige des solutions sur mesure, les modèles standard ne suffisent pas.
- Depuis longtemps déjà, le besoin de flexibilité est présent sur les chantiers et n’est plus un phénomène limité aux bureaux.
- Une culture d’entreprise aboutie est un facteur décisif pour attirer les talents.
- De nouveaux modèles de travail sont possibles mais pas transposables à l’envi.
- L’équilibre entre les exigences économiques et les besoins individuels reste le principal défi.