Initiative de l’UDC: une pénurie de main-d’œuvre renforcée par l’évolution démographique
Ces prochaines années, la construction connaîtra une vague de départs en retraite anticipée que la relève ne pourra combler. Cette pénurie de main-d’œuvre qualifiée étrangère provoquera des retards dans la construction de logements, le déploiement d’infrastructures et la transition énergétique.
La construction suisse s’apprête à affronter un défi démographique sur la durée. Ces prochaines années, en effet, de très nombreuses personnes qualifiées prendront leur retraite, et la relève ne sera pas à même de combler le vide. Cette pénurie touchera en particulier les métiers classiques comme maçon/ne, chef/fe d’équipe et contremaître.
Une étude commandée par la SSE montre l’ampleur du phénomène. D’ici à 2040, pas moins de 5 600 personnes, soit environ 16% du besoin total en personnel, pourraient manquer dans le secteur principal de la construction. En d’autres termes, un poste sur six pourrait, à l’avenir, rester non pourvu.
Professions clés en première ligne
Les prévisions s’avèrent particulièrement alarmantes pour certains métiers clés. Dès 2030, près de 21% des maçons/nes et 22% des chefs/fes d’équipe pourraient manquer à l’appel. Une situation amenée à s’aggraver jusqu’en 2040, puisque la pénurie de maçons/nes devrait s’élever alors à 31%.
Les causes de ce phénomène sont multiples. D’une part, les baby-boomers quittent peu à peu le marché du travail. De l’autre, le nombre de personnes apprenantes dans les métiers de la construction ne suffit pas à compenser les nombreux départs à la retraite. Sans compter qu’un grand nombre de personnel qualifié continue de quitter prématurément le secteur.
Des efforts insuffisants
Certes, le secteur réagit et prend d’importantes mesures en matière de formation et de fidélisation. Néanmoins, mêmes ces dispositions n’ont qu’une portée limitée. Selon l’étude de la SSE, les mesures ad hoc permettraient uniquement de réduire la pénurie de maçons/nes de 23% à l’horizon 2030. Elles ne fourniront donc qu’une solution partielle à ce problème structurel.
Or, il y a bien longtemps que la pénurie de main-d’œuvre s’est étendue de certaines entreprises à l’ensemble de l’économie. L’absence de personnel qualifié a des répercussions directes sur de nombreux projets essentiels: la construction prend du retard, les logements voient le jour moins vite, les infrastructures coûtent plus cher, et la transition énergétique peine à progresser.
Une main d’œuvre européenne essentielle
Pour toutes ces raisons, il est clair aux yeux de la SSE que le secteur restera tributaire d’une main-d’œuvre qualifiée venue de l’étranger. Au moins, la libre circulation en Europe permet aux entreprises de combler, en partie, les pénuries dues à l’évolution démographique. À l’inverse, limiter l’immigration et ne pas rejeter l’initiative de l’UDC le 14 juin 2026 reviendrait à aggraver le problème existant et à porter atteinte à la construction et à l’économie tout entière.