L’État de droit contribue à la sécurité juridique

Le Conseil fédéral a lancé le processus politique de réforme des autorités de la concurrence. Toutefois, ses propositions ne répondent pas aux problèmes structurels.

La SSE s’engage pour une concurrence loyale, ce qui suppose notamment que les procédures judiciaires en matière de droit des cartels se déroulent de manière équitable. Or, les autorités rencontrent des problèmes structurels qui soulèvent des inquiétudes quant au respect de l’État de droit. Il existe actuellement deux autorités de la concurrence: le Secrétariat, d’une part; et la Commission de la concurrence (COMCO), d’autre part. Le Secrétariat joue le rôle du ministère public; c’est lui qui mène l’enquête. La COMCO est composée de juges qui, en principe, devraient statuer en toute indépendance. Mais, dans les faits, elle dépend structurellement du Secrétariat. Pour le comprendre, il faut mettre en regard les 70 postes à temps plein du Secrétariat et la douzaine de juges qui exercent une charge de travail de 20%. Pour une enquête, le Secrétariat produit entre 2 500 et 3 000 pages de documents.

Comment un juge à temps partiel pourrait-il prendre connaissance en détail d’un dossier aussi volumineux? Une procédure peut durer des années, mais l’entreprise mise en cause n’est entendue par les juges de la COMCO que pendant 20 minutes. Pendant cette audition, les juges ne sont autorisés à poser que des questions de compréhension, et non des questions portant sur le fond. Lorsque les juges se retirent pour délibérer, l’entreprise mise en cause n’est, bien sûr, plus présente. En revanche, les collaborateurs/trices du Secrétariat sont autorisés à assister aux débats et à prendre la parole. Quelles sont les chances pour que les représentants/tes de l’institution de poursuite se montrent soudainement neutres lors de la délibération?

Si une entreprise rejette la décision de la COMCO et fait appel devant l’instance supérieure – le Tribunal administratif fédéral – le système actuel ne lui laisse que peu d’espoir d’obtenir gain de cause. En effet, ce dernier accorde une grande marge d’appréciation à la COMCO en matière de droit de la concurrence. Cette attitude rend difficile la correction sur le fond de décisions erronées. Pour les entreprises mises en cause, cela se traduit souvent par des procédures très longues, une grande insécurité juridique et une atteinte à leur réputation, quand bien même les accusations s’avèreraient par la suite infondées.

C’est pourquoi une grande partie du monde économique plaide en faveur de réformes: en premier lieu, il convient d’établir une séparation institutionnelle claire entre l’instruction et la décision. Le Secrétariat doit certes continuer à mener les enquêtes, mais il ne saurait jouer de rôle déterminant dans le processus décisionnel de la COMCO. En deuxième lieu, la COMCO a besoin d’un soutien technique renforcé de la part de greffiers indépendants, afin que ses membres puissent apprécier les faits de manière autonome. En troisième lieu, il convient de créer une instance judiciaire spécialisée chargée de contrôler de manière approfondie les décisions en matière de droit des cartels. Enfin, les droits de la défense – c’est-à-dire des entreprises concernées – doivent être renforcés, par exemple en les informant de l’avancement de l’enquête et en leur accordant suffisamment de temps pour préparer leur défense.

De la gestion professionnelle des conflits

Sur un chantier comme ailleurs, des conflits surviennent. Et des projets peuvent même échouer faute d’avoir pu résoudre un différend. Gros plan sur des méthodes professionnelles pour une collaboration durable. 

Sur les chantiers, un seul outil règle la grande majorité des conflits: le dialogue. Cela peut parfois revenir à enfoncer une vis avec un marteau… Quel que soit le motif, le timing ou la complexité, les conflits sont presque tous traités de la même manière alors que la plupart des personnes concernées n’y ont jamais vraiment été formées. Il en résulte bien souvent une concession insatisfaisante, ni durable, ni équitable. La solution judiciaire est exceptionnelle, car elle demande du temps et de l’argent, et les parties prenantes y perdent le contrôle de l’issue du conflit. 

La meilleure solution reste une boîte à outil bien fournie permettant de choisir au cas par cas l’approche la plus adaptée. Dans le secteur de la construction, diverses méthodes ont fait leurs preuves, telles que l’ENE (pour Early Neutral Evaluation) ou l’AEE (pour Additional External Expert), mais aussi certains modèles d’arbitrage, le partenariat, la médiation voire des combinaisons de plusieurs de ces solutions. Tout cela permet de trouver des issues structurées, efficaces et constructives avant toute escalade. 

Le savoir-faire des personnes concernées reste l’enjeu principal. Passer d’un «je veux gagner» à un «nous recherchons une solution viable» modifie le résultat mais aussi la coopération. Quiconque comprend les mécanismes d’un conflit, pourra identifier plus tôt l’escalade. Selon Friedrich Glasl, les conflits évoluent en neuf étapes: de la radicalisation à la «chute collective dans l’abîme». Et les véritables solutions gagnant-gagnant ne sont possibles qu’au cours des trois premières étapes d’un conflit. 

Des outils professionnels, une meilleure résilience, des systèmes internes et un accompagnement externe des projets peuvent constituer une précieuse aide durant cette phase décisive. Grâce aux conseils qu’elle prodigue, la hotline gratuite de l’association à but non lucratif Kooperatives Bauen aide à éviter les conflits. Cette association est soutenue par la SSE. 

Concurrence équitable: améliorer le rôle des autorités

Aujourd’hui, le système du droit des cartels est en partie injuste et trop complexe. Les mêmes autorités procèdent aux enquêtes, influencent les décisions et ne font ensuite l’objet d’aucun contrôle réel. La réforme proposée vise à instaurer une véritable séparation des rôles en renforçant l’équité et en améliorant les procédures pour toutes les parties concernées. 

Le Secrétariat devrait mener les enquêtes et la Commission de la concurrence se charger du jugement. Les instances judiciaires supérieures devraient pouvoir corriger les erreurs de jugement. Mais le système est confronté à plusieurs problèmes. 

Le Secrétariat mène l’enquête, récole des preuves et exerce également une grande influence sur la décision. En effet, il dispose de nettement plus de ressources, notamment d’une dizaine d’employés à plein temps. La Commission de la concurrence, en revanche, est composée d’une dizaine de vacataires à temps partiel. Les dossiers de preuve comptent entre 2 000 et 3 000 pages par procédure; nul vacataire n’a donc le temps de les lire en détail. Le travail préparatoire du Secrétariat est donc indispensable à la commission. En outre, une fois les décisions rendues, les tribunaux ne les examinent que lentement et, parfois, de manière insuffisante. Pour les entreprises concernées, cela se traduit par une procédure longue, des coûts élevés et peu de véritables possibilités de se défendre. 

Séparation claire des tâches 

La réforme des autorités de la concurrence est prévue pour cet été. Le Conseil fédéral soumettra sa proposition de réforme au Parlement. La SSE avait déjà exprimé son point de vue lors de la consultation, comme suit: 

La réforme vise à créer un système similaire à celui d’une procédure judiciaire classique. Une distinction claire doit être établie entre le Secrétariat – autorité chargée de l’instruction – et la commission – instance décisionnaire. Le Secrétariat ne dépendrait alors pratiquement plus des directives de la commission. Conformément à la nouvelle réforme, les membres du Secrétariat ne seraient toutefois plus autorisés à rester dans la même pièce, par exemple pour répondre à des questions ou prendre position, lorsque la commission se retire pour délibérer et que les membres de la commission débattent ensemble du jugement. 

Indépendance garantie par les greffiers 

De son côté, la commission obtient davantage de ressources et de droits. Elle doit disposer de plus de temps et d’un meilleur soutien pour pouvoir dresser un tableau précis de chaque situation. Les greffiers de la commission procéderaient eux-mêmes à des enquêtes et rédigeraient un dossier de preuve neutre à l’intention de la commission. Les juges de la commission seraient pour la première fois habilités à interroger les accusés.  agli imputati. 

Compétences en gestion de projet

La formation «gestion de projet dans la construction» est peut-être la prochaine étape de ta carrière. Dans ce cas, l’offre du Campus Sursee, en collaboration avec la Haute école de Lucerne (HSLU), est faite pour toi. 

Cette formation s’adresse aux collaborateurs qualifiés ainsi qu’aux jeunes talents et aux cadres de la construction (planification, bâtiment et génie civil, technique du bâtiment, second œuvre, travaux de façades, etc.), ainsi qu’aux futurs chefs de projet et experts en gestion de projet. Elle s’intéresse au point du vue des maîtres d’ouvrage, mais aussi à la planification et la réalisation. 

La formation se compose de trois modules de trois jours chacun. Elle aborde de manière pratique et concrète des thèmes centraux tels que la gestion et l’organisation de projets, la tenue de négociations, la rhétorique, la gestion du temps, la planification des coûts, la gestion des risques et de la qualité ainsi que la gestion des conflits et les bases juridiques. Point d’orgue de la formation, le module BIM permet une mise en pratique des processus de construction numériques et des méthodes innovantes. La formation est complétée par des travaux préparatoires et de suivi, ainsi que par un travail de fin d’études. Les cours en présentiel ont lieu au Campus Sursee ainsi qu’à la Haute école de Lucerne à Horw. 

Concilier vie professionnelle, formation continue et vie privée 

La formation est structurée de manière modulaire de façon à s’adapter aux obligations professionnelles et personnelles. En concentrant les périodes de présence, la formation s’intègre plus efficacement dans le quotidien professionnel. La possibilité de passer la nuit sur le campus et les offres de restauration facilitent l’organisation. 

De belles perspectives 

La formation constitue non seulement une base solide pour s’initier à la gestion de projet, mais elle prépare également à d’autres qualifications comme le CAS en gestion de projet dans la construction à la Haute école de Lucerne. Elle ouvre ainsi aux diplômés de nombreuses perspectives de carrière dans le secteur de la construction. 

De nouvelles compétences pour renforcer la construction

Numérisation, complexité croissante et pénurie de main-d’œuvre qualifiée imposent à la construction de trouver de nouvelles solutions. Approuvé par l’Assemblée des délégués de la SSE, le nouveau profil professionnel de coordinateur/trice de projets de construction est un élément de réponse. 

Être «coordinateur/trice de projets de construction» requiert avant tout une capacité d’analyse et d’interconnexion: chantier et bureau, pratique et organisation, technique et numérisation. «La construction est aussi synonyme de coordination, de gestion de données et de communication», explique Christoph Gerber, chef de projet à la SSE. «C’est justement là qu’interviennent les coordinateurs/trices de projets de construction. Nous avons besoin de spécialistes qui soutiennent et soulagent les responsables.» Ils/Elles doivent avoir une vue d’ensemble sur le chantier, accompagner les processus et mener à bien les projets, ce qui contribue également à atténuer la pénurie de main-d’œuvre. 

La nouvelle qualification professionnelle allie connaissances techniques et compétences numériques et administratives. «Cela ouvre des perspectives de carrière pour les professionnels motivés et pour les personnes en reconversion issues d’un domaine similaire», souligne Gerber. Une enquête sectorielle a montré que ce profil répondait à la réalité concrète des chantiers suisses. Résultats: 82% des entreprises ont jugé le profil professionnel et le profil de qualification comme «positifs» ou «plutôt positifs». «Ce large soutien témoigne de la pertinence du nouveau diplôme», affirme Gerber. 

Avec l’accord de l’Assemblée des délégués le 27 mai 2026, le nouveau métier est dans la dernière ligne droite. «Au cours des prochains mois, nous allons régler les derniers détails avec le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation, puis nous pourrons enfin nous lancer», se réjouit Gerber. La formation devrait débuter en 2028 afin que les premiers coordinateurs/trices de projets de construction obtiennent leur brevet fédéral l’année suivante.  

Les partenaires de la Journée de la construction

Vue aérienne du Campus Sursee, lieu de la Journée de la construction 2026

Le 26 juin 2026, à l’occasion de la Journée de la construction, des cadres et des décideurs issus de bien d’autres secteurs que celui de la construction se retrouveront sur le campus de Sursee. Voici nos partenaires.

HGC: Location de barrières – efficace, sûr, flexible 

Sur les chantiers, les contraintes de temps et d’espace ainsi que les normes de sécurité font partie du quotidien. Stocker et transporter soi-même toutes les barrières nécessaires mobilise des ressources inutilement. Avec son service de location, HGC propose une solution pratique et économique. 

La sécurité au bon endroit 
Pour une fouille, une voie de service de plusieurs kilomètres ou une canalisation, le matériel doit être robuste et conforme. La plateforme de location HGC propose une large gamme de produits:  

  • Clôtures mobiles et brise-vue pour les terrains difficiles 
  • Barrières et systèmes pour la gestion des personnes et de la circulation 
  • Portes et portails pour empêcher tout accès non autorisé, avec systèmes d’accès et alarme (sur demande). 

Livraison sur site 
Dans le génie civil, les chantiers se déplacent souvent. Il n’est pas toujours possible d’effectuer de longs transports de matériel. HGC livre l’ensemble du matériel directement sur site, dans toute la Suisse, en ville comme à la montagne. 

Un prix juste, une transparence totale 
Vous ne payez que pour la durée effective de location. Cette solution vous offre une grande flexibilité en cas de retard, allège votre budget et permet un calcul transparent, sans frais cachés. 

Découvrez dès maintenant les accessoires disponibles sur la plateforme de location HGC
 

Liebherr : un partenaire proposant des solutions d’engins de chantier tout au long du processus de construction.

Liebherr-Baumaschinen AG est le partenaire suisse de référence pour les solutions de machines de chantier tout au long de la construction. Membre du groupe Liebherr, l’entreprise propose une large gamme de produits dans les domaines du terrassement et de la manutention de matériaux, des travaux spéciaux du génie civil, des grues à tour, de la technique du béton, ainsi que des grues mobiles et sur chenilles, et des réservoirs d’énergie mobiles. 
 
Avec ses sites à Reiden et Daillens et sa flotte de location de plus de 600 machines, Liebherr accompagne les entreprises de construction de manière flexible et pratique dans la réalisation de leurs projets. Les machines neuves, de location et d’occasion sont remises en état, entretenues et réparées. 
 
Les partenariats à long terme sont privilégiés. Notre réseau de service après-vente couvre l’ensemble de la Suisse et du Liechtenstein, et notre équipe de techniciens expérimentés garantissent une grande disponibilité et une assistance fiable sur place. 
Parallèlement, Liebherr contribue au développement du chantier connecté grâce à des solutions numériques, des systèmes d’assistance et des technologies innovantes pour plus d’efficacité, de sécurité et de durabilité. En savoir plus.

KGM : Idèal pour le secteur de la construction

Fiabilité, robustesse et rentabilité sont essentielles sur les chantiers. Autant de qualités affichées par les modèles MUSSO, REXTON et MUSSO EV des Coréens KGM. Conçus pour des missions exigeantes, ils offrent les caractéristiques dont les ouvriers et les entreprises de la construction ont besoin au quotidien. 

Le KGM MUSSO, équipé d’un puissant moteur turbodiesel, est le partenaire de travail idéal pour les conditions difficiles. Avec une capacité de remorquage allant jusqu’à 3,5 tonnes, une charge utile élevée et une transmission intégrale enclenchable, il maîtrise aussi bien les transports sur route que les interventions sur terrain accidenté. Robuste, sa cabine double (de série) et sa vaste surface de chargement en font le véhicule idéal des entreprises de construction et des artisans. 

Ceux qui recherchent encore plus de confort et une force de traction maximale trouveront leur bonheur avec le KGM REXTON. Ce SUV performant combine une capacité de remorquage allant jusqu’à 3,5 tonnes avec un habitacle haut de gamme, des équipements de sécurité de pointe et d’excellentes performances tout-terrain. Le REXTON est ainsi adapté aussi bien à une utilisation professionnelle quotidienne qu’aux longs trajets avec une remorque ou du matériel lourd. 

Le nouveau KGM MUSSO EV marque quant à lui le début d’une nouvelle ère de l’utilitaire. Ce pick-up entièrement électrique allie efficacité et propreté grâce à une conduite «zéro émission». Avec une capacité de remorquage jusqu’à 2,3 tonnes, une charge utile jusqu’à 730 kg et une autonomie de 379 km, il constitue une alternative séduisante pour les entreprises ayant des objectifs de durabilité et des missions en milieu urbain. 

Que le moteur soit diesel ou électrique, KGM propose au secteur de la construction des véhicules adaptés à chaque situation. Robustes, performants et prêts pour toutes les missions, les véhicules KGM sont MADE FOR MORE depuis 1954. En savoir plus.

ImmoMedia: L’immobilier de demain 

L’entreprise suisse immoMedia GmbH est spécialisée dans l’immobilier, la construction, l’aménagement de sites et les régions économiques. Avec son magazine immo!nvest, son site immo-invest.ch, son immoNewsletter, son immoTable mais aussi immoTermine.ch et immobilienjobs.ch, l’entreprise fournit des informations, de la visibilité et du réseau à toute la branche de l’immobilier. 

immo!nvest est le magazine suisse dédié aux sites et à l’immobilier. Il présente les thèmes qui touchent les marchés et met en lumière les projets, les aménagements de sites et les perspectives économiques dans les différentes régions. Le site propose également des actualités, des articles spécialisés et des informations destinés aux professionnels, aux investisseurs, aux développeurs, aux propriétaires et aux promoteurs de site. Enfin, quelque 50 000 abonnés reçoivent l’immoNewsletter chaque semaine. 

Avec son immoTable, immoMedia crée des lieux de rencontre pour les décideurs de l’immobilier, de la construction, de la politique, de l’administration et de la finance. Dans certaines zones économiques, des projets, des stratégies et des défis sont discutés dans le but de mettre en relation les connaissances, les contacts et les opportunités de développement. 

En tant que partenaire média de la Société SSE, immoMedia apporte au secteur suisse de la construction une vision stratégique du marché immobilier, une connaissance approfondie des marchés régionaux et un réseau solide.

Efficacité sur toute la ligne

Que peuvent apprendre les entreprises de construction de l’aéronautique? À l’occasion de la Journée de la construction, l’ancien pilote de ligne Philip Keil abordera le management et la prise de décision, le travail en équipe et la communication. 

Délais à respecter, pénurie de main-d’œuvre et interactions complexes entre maîtres d’ouvrage, concepteurs et entrepreneurs exigent une concentration de tous les instants. Comment relever tous ces défis? Philip Keil, intervenant lors de la Journée de la construction, fournira des réponses à cette question. L’ancien pilote professionnel de 44 ans est un expert très demandé. Dans ses conférences, il parle de son expérience aux commandes des avions et la met en parallèle avec la culture moderne du management, qui englobe aussi bien le travail en équipe et la force de décision que la gestion des erreurs et du changement. Les interventions de Philip Keil sont connues pour fournir aux dirigeants et aux organisations, tous secteurs confondus, des pistes de réflexion sur la manière de rester efficace, même sous la pression.  

Catastrophe évitée 

En 2003, Philip Keil devient, à 22 ans, l’un des plus jeunes pilotes de ligne d’Allemagne. Au cours des deux décennies suivantes, il totalise plus de 9 000 heures de vol et réalise des milliers de décollages et d’atterrissages sur quatre continents. En 2009, un incident qu’il parvient à maîtriser sur un vol régulier avec 190 passagers à bord lui donne des sueurs froides. Ce jour-là, il évite la catastrophe grâce au Crew Resource Management, un ensemble d’outils qui aident les pilotes à garder la maîtrise de leur appareil en toute situation. Depuis 2014, Philip Keil est régulièrement invité à appliquer ces stratégies au quotidien des cadres et du personnel d’entreprises. 

Prendre les bonnes décisions 

Au centre de ses conférences: la façon dont l’humain peut prendre les bonnes décisions dans des situations critiques. Fort de son expérience de pilote, il sait que le personnel de cockpit doit agir avec rapidité et précision lorsqu’un problème se présente dans l’avion. Il aime à marteler que ce n’est pas une erreur de décision qui provoque un crash, mais l’absence de décision. Par conséquent, le management doit se fonder sur la responsabilité, la confiance et une communication claire. Pour Philip Keil, une direction efficace ne se limite pas aux compétences de conduite, mais englobe aussi la capacité à mobiliser les autres et à poursuivre des objectifs communs. Ses interventions allient expérience personnelle, anecdotes captivantes issues du monde de l’aviation et idées concrètes de management. Philip Keil parvient ainsi à transmettre à son auditoire des sujets complexes de manière vivante et en lien avec la pratique.  

«Prendre les bonnes décisions dans des situations critiques.»

Construire ensemble: la voie du succès 

«Repenser les projets de construction: la voie du succès»

Le secteur de la construction est sous pression: les projets gagnent en complexité, les exigences augmentent et les marges de manœuvre se réduisent. Les alliances de projet peuvent apporter une solution pour relever ces défis ensemble. 

C’est justement là qu’intervient l’association pro-alliances.ch. Son objectif est de faire connaître le modèle d’organisation coopératif de l’alliance de projet dans le secteur de la construction en Suisse (SIA 2065) et d’encourager son développement. L’accent est mis sur la création d’une plateforme de rencontre et de dialogue: les maîtres d’ouvrage, planificateurs/trices et entrepreneurs/euses sont mis en relation, des expériences sont échangées et des questions concrètes issues de la pratique sont abordées ensemble. L’association donne des repères et soutient le secteur dans la mise en place de cette nouvelle forme de collaboration, qui place la réussite commune du projet au centre des priorités. 

Elle offre également de belles opportunités aux maîtres d’ouvrage: leur savoir-faire est intégré très tôt dans la planification, des solutions sont développées ensemble et les risques sont répartis de manière équilibrée. Ainsi, les rôles, l’influence et les possibilités de création évoluent: la simple exécution cède la place à une participation active à la conception. Parallèlement, il devient plus facile de planifier et de créer directement de nouvelles possibilités, en termes de qualité et d’efficacité. 

Par ailleurs, l’approche coopérative de l’alliance de projet renforce l’attractivité de la branche. Lorsque la collaboration, la responsabilité et le savoir-faire sont davantage mis en avant, les métiers de la construction deviennent plus variés et intéressants, un facteur décisif pour attirer les talents. 

En collaboration avec la branche, pro-allianz.ch souhaite participer à cette transformation à travers le dialogue et dans une approche pratique et progressive. Les entrepreneurs ont tout intérêt à participer activement à cette transformation et à apporter leur expérience dès le début. 

L’association pro-alliances.ch, association pour la promotion des alliances de projets en Suisse, encourage le nouveau modèle de projet conformément au cahier technique SIA 2065. Fondée par la Société Suisse des Ingénieurs et des Architectes (SIA), l’Union suisse des sociétés d’ingénieurs-conseils (suisse.ing) et la Société Suisse des Entrepreneurs (SSE), son objectif est de faire connaître la forme d’organisation coopérative de l’alliance de projet dans le secteur de la construction en Suisse et d’encourager son développement. 

Travaux souterrains: conditions équitables

Dominique Brandenberger et l’équipe PK-UT pour des conditions équitables dans les travaux souterrains

La CPPTS s’applique jusque dans les profondeurs souterraines. L’équipe de Dominique Brandenberger veille à ce que les conditions de travail et les réglementations soient respectées. 

Les travaux souterrains figurent parmi les domaines les plus exigeants du secteur de la construction. Les différents modèles de travail, les structures contractuelles complexes et un contexte économique difficile nécessitent des règles claires. Dans ce contexte, il est essentiel que les standards uniformes de la Convention nationale (CN) soient appliqués de manière cohérente. La Commission professionnelle paritaire pour les travaux souterrains (CPPTS), relativement peu connue du grand public, est chargée de l’exécution – c’est à dire de l’application, de la mise en œuvre et du contrôle – de la CN. Elle intervient dans les tunnels, les galeries et les cavernes. «Beaucoup de gens ignorent notre existence», reconnaît Dominique Brandenberger, directrice de la CPPTS depuis 5 ans, «notre travail permet pourtant de garantir l’équité dans les travaux souterrains.»  

Salaires et horaires 

Composée de trois employeurs et de trois salariés disposant tous des mêmes droits, la commission est organisée de façon paritaire. Les tâches principales de la CPPTS consistent à veiller au respect des dispositions de la CN et tout particulièrement de son annexe 10. Cette dernière couvre notamment les salaires, les horaires de travail et les frais. Tout commence par les notifications de chantier. Dominique Brandenberger et son équipe veillent à ce que l’ensemble des entreprises suisses de travaux souterrains bénéficient de conditions de travail équitables. Si tel n’est pas le cas, elle intervient pour apporter des conseils et rectifier la situation. Compte tenu de la déclaration de force obligatoire de la CN, cette mesure vaut également pour les entreprises non affiliées à la Société Suisse des Entrepreneurs et les entreprises étrangères effectuant des travaux souterrains ainsi que les sous-traitants ou les entreprises de travail temporaire. 

Collaboration appréciée 

L’équipe de la CPPTS inspecte chaque année environ 40 chantiers directement sur place (70 autres à distance) lors de visites annoncées. «Lorsque nous nous rendons sur un chantier, nous examinons tout: les rapports horaires, les décomptes de salaire, les périodes de travail, les contrats des travailleurs détachés et bien d’autres choses», explique Dominique Brandenberger. Qu’advient-il si des irrégularités comme des horaires de travail systématiquement mal enregistrés sont constatées? «Nous intervenons avec des mesures allant du paiement des arriérés à des sanctions. La plupart du temps, nos contrôles se déroulent sans problème et sont appréciés.» Il est généralement possible de clarifier les imprécisions en recherchant une solution commune avec toutes les parties concernées. Ce point ne cesse de fasciner Dominique Brandenberger. Elle admire la manière dont des parties aux intérêts divergents, employeurs et employés, collaborent pour finalement aboutir à des solutions constructives. 

Nouvelle réglementation 

L’année 2026 marque un véritable tournant pour la CPPTS. La révision de la convention complémentaire à la CN pour les travaux souterrains (annexe 10) a entraîné une modernisation et une amélioration significatives des conditions de travail. Les suppléments actuels seront progressivement augmentés au cours des quatre prochaines années. Les nouveautés comprennent notamment l’extension des suppléments pour le personnel travaillant à ciel ouvert (atelier, logistique), l’introduction d’une indemnité pour le travail en équipe et l’amélioration des conditions de logements, avec des chambres individuelles à partir de 2028. Dominique Brandenberger: «Les nouvelles réglementations ont permis de créer une base durable et économiquement viable pour des conditions-cadres attrayantes pour le personnel, tout en renforçant la position des entreprises suisses de travaux souterrains.» La mise en œuvre progressive prévue au cours des quatre prochaines années permettra à la branche de recruter et de fidéliser à long terme de la main d’œuvre qualifiée grâce à une rémunération équitable et à des conditions-cadres modernes. 

Initiative de l’UDC: se tourner vers la Suisse et vers l’étranger

Visuel sur l’initiative UDC liée à la main-d’œuvre locale dans le secteur suisse de la construction

Malgré des investissements massifs dans la formation professionnelle et la relève, le SPC reste tributaire d’une main-d’œuvre qualifiée en provenance d’Europe. 

La construction a rarement autant investi dans la formation initiale et continue. Malgré tout, elle reste tributaire d’une main-d’œuvre qualifiée venue de l’étranger. C’est pourquoi la Société Suisse des Entrepreneurs (SSE) recommande de rejeter l’initiative pour la durabilité lancée par l’UDC et soumise à votation le 14 juin 2026. 

De gros efforts en matière de formation initiale et continue 
Le secteur principal de la construction a, très tôt, reconnu les enjeux en matière d’accès à la main-d’œuvre. Depuis plusieurs années, le Masterplan «Formation professionnelle 2030» de la SSE vise une modernisation complète de la formation initiale et continue. Après une analyse approfondie des besoins de tous les acteurs principaux du secteur, les offres de formation actualisées seront progressivement mises en œuvre. 

Les réformes tiennent compte des nouvelles exigences du secteur. En effet, numérisation, approche durable, nouveaux processus et gouvernance moderne s’y imposent de plus en plus. Dans le même temps, les formations se veulent plus pratiques, plus flexibles et plus personnalisées. Dans ce contexte, l’apprentissage «sur le tas» joue un rôle essentiel. Pour le secteur, il ne fait aucun doute: une formation axée sur la pratique et un accompagnement ciblé permettront d’accroître la qualité de la formation, mais aussi de fidéliser la main-d’œuvre aux entreprises et au secteur. 

Une promotion moderne auprès de la nouvelle génération 
Parallèlement, le secteur principal de la construction a considérablement modernisé la promotion des métiers ces dernières années. Il s’adresse aux jeunes sur les réseaux qu’ils affectionnent: Instagram, TikTok, YouTube et Facebook. Loin de jeter de la poudre aux yeux, la communication privilégie l’authenticité. Les personnes apprenantes des différentes régions jouent le rôle d’ambassadrices et s’adressent aux élèves dans leur langage quotidien ou dans le dialecte correspondant. Elles soulignent la modernité des chantiers d’aujourd’hui, présentent les projets en cours et exposent les opportunités de carrière. En outre, elles insistent sur le fait que le secteur principal de la construction offre des salaires attrayants et des perspectives à long terme. 

Un vivier insuffisant 

Malgré d’importants investissements dans la formation initiale et continue, la Suisse ne pourra, à elle seule, couvrir le besoin futur de main-d’œuvre qualifiée. Le secteur de la construction reste donc tributaire du personnel étranger. Grâce à la libre circulation en Europe, les entreprises peuvent pallier le manque de main-d’œuvre suisse. 

Un «non» sur le bulletin de vote 

Le 14 juin 2026, le peuple suisse sera appelé à se prononcer sur l’initiative pour la durabilité lancée par l’UDC. Le matériel de vote est déjà arrivé dans de nombreuses régions. Quiconque souhaite éviter une aggravation de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans la construction ne tardera pas à ouvrir l’enveloppe et à apposer un «non» sur le bulletin de vote. Chaque rejet contribuera à maintenir l’accès vital à la main-d’œuvre qualifiée étrangère. 

Initiative de l’UDC: une pénurie de main-d’œuvre renforcée par l’évolution démographique

Visuel sur la pénurie de main-d’œuvre dans la construction suisse liée au changement démographique

Ces prochaines années, la construction connaîtra une vague de départs en retraite anticipée que la relève ne pourra combler. Cette pénurie de main-d’œuvre qualifiée étrangère provoquera des retards dans la construction de logements, le déploiement d’infrastructures et la transition énergétique.

La construction suisse s’apprête à affronter un défi démographique sur la durée. Ces prochaines années, en effet, de très nombreuses personnes qualifiées prendront leur retraite, et la relève ne sera pas à même de combler le vide. Cette pénurie touchera en particulier les métiers classiques comme maçon/ne, chef/fe d’équipe et contremaître.

Une étude commandée par la SSE montre l’ampleur du phénomène. D’ici à 2040, pas moins de 5 600 personnes, soit environ 16% du besoin total en personnel, pourraient manquer dans le secteur principal de la construction. En d’autres termes, un poste sur six pourrait, à l’avenir, rester non pourvu.

Professions clés en première ligne

Les prévisions s’avèrent particulièrement alarmantes pour certains métiers clés. Dès 2030, près de 21% des maçons/nes et 22% des chefs/fes d’équipe pourraient manquer à l’appel. Une situation amenée à s’aggraver jusqu’en 2040, puisque la pénurie de maçons/nes devrait s’élever alors à 31%.

Les causes de ce phénomène sont multiples. D’une part, les baby-boomers quittent peu à peu le marché du travail. De l’autre, le nombre de personnes apprenantes dans les métiers de la construction ne suffit pas à compenser les nombreux départs à la retraite. Sans compter qu’un grand nombre de personnel qualifié continue de quitter prématurément le secteur.

Des efforts insuffisants

Certes, le secteur réagit et prend d’importantes mesures en matière de formation et de fidélisation. Néanmoins, mêmes ces dispositions n’ont qu’une portée limitée. Selon l’étude de la SSE, les mesures ad hoc permettraient uniquement de réduire la pénurie de maçons/nes de 23% à l’horizon 2030. Elles ne fourniront donc qu’une solution partielle à ce problème structurel.

Or, il y a bien longtemps que la pénurie de main-d’œuvre s’est étendue de certaines entreprises à l’ensemble de l’économie. L’absence de personnel qualifié a des répercussions directes sur de nombreux projets essentiels: la construction prend du retard, les logements voient le jour moins vite, les infrastructures coûtent plus cher, et la transition énergétique peine à progresser.

Une main d’œuvre européenne essentielle

Pour toutes ces raisons, il est clair aux yeux de la SSE que le secteur restera tributaire d’une main-d’œuvre qualifiée venue de l’étranger. Au moins, la libre circulation en Europe permet aux entreprises de combler, en partie, les pénuries dues à l’évolution démographique. À l’inverse, limiter l’immigration et ne pas rejeter l’initiative de l’UDC le 14 juin 2026 reviendrait à aggraver le problème existant et à porter atteinte à la construction et à l’économie tout entière.

L’Assemblée des délégués de la SSE choisit Christian Wasserfallen pour succéder au président central Gian-Luca Lardi

La Société suisse des entrepreneurs prépare la succession de son président central: en effet, après douze années en poste, Gian-Luca Lardi atteindra en fin d’année la limite statutaire de durée des fonctions. Lors de l’assemblée qui s’est tenue aujourd’hui à Olten, les délégués de la SSE se sont prononcés en faveur de la candidature de Christian Wasserfallen. L’élection définitive aura lieu lors de l’Assemblée générale de la SSE, le 26 juin 2026.

Outre le membre du Conseil national Christian Wasserfallen, Martin Keller, responsable de la division Immobilier Suisse chez Sika, ainsi que l’entrepreneur valaisan Manfred Schmid se sont également portés candidats. Les délégués ont décidé de proposer officiellement la candidature de M. Wasserfallen à l’Assemblée générale. 

Originaire de Berne, Christian Wasserfallen, 44 ans, est ingénieur HES en génie mécanique, président d’Infra Suisse, membre du Comité central de la SSE et président du conseil d’administration de Walo Bertschinger AG Bern. Engagé en politique, il siège pour le PLR au Conseil national. 

Dans le cadre de sa candidature, Christian Wasserfallen a souligné l’importance du secteur principal de la construction pour la Suisse: «Le secteur principal de la construction apporte une contribution essentielle à la stabilité économique et au développement de notre pays. Pour que la mise en œuvre des projets de construction puisse se faire efficacement, la Suisse a besoin de logements en nombre suffisant, d’infrastructures performantes et de conditions-cadres équitables. Dans le même temps, nous devons investir de manière ciblée dans la formation et mener à bien la transformation numérique de manière à ce qu’elle se traduise par de réels gains de productivité, en particulier pour nos PME.» 

La nomination officielle de Christian Wasserfallen reste toutefois soumise au vote de l’Assemblée générale de la Société Suisse des Entrepreneurs, le 26 juin 2026. Originaire de Poschiavo, Gian-Luca Lardi préside la SSE depuis 2015 et finira son mandat à la fin de l’année 2026.