Bâtiment: un début d’année solide

En Suisse, le secteur principal de la construction affiche une forte croissance au premier trimestre 2026: son chiffre d’affaires a progressé de 5,6% pour s’établir à plus de 4,9 milliards de francs. Principaux moteurs de ce développement: une construction de logements toujours aussi soutenue et de nombreux projets publics. En revanche, la hausse des coûts de l’énergie et des matériaux ralentit la croissance dans le génie civil.

Graphique: SSE

Un début d’année prometteur 

Au cours du premier trimestre 2026, le secteur de la construction a enregistré une croissance de 5,6% à plus de 4,9 milliards de francs, une forte progression due au bâtiment. La construction de logements, qui a connu un rythme soutenu au cours des derniers trimestres, a poursuivi sur sa lancée. Couplés à une demande élevée, les faibles taux d’intérêt et de vacance stimulent encore la construction de logements. Fin mars, la réserve de travail était de 14,6% supérieure à celle d’un an auparavant. Malgré un rythme soutenu, le résultat est très loin de l’objectif requis de 50 000 logements par an. 

Ces derniers trimestres, les pouvoir publics ont attribué de nombreux contrats, en particulier dans les domaines de la formation et de la santé. Ces derniers présentent donc une hausse réjouissante de leur chiffre d’affaires. En raison d’une conjoncture suisse en manque d’élan, la construction non résidentielle maintient sa tendance à la baisse et à la volatilité. Même si, à la surprise générale, la construction non résidentielle a clôturé le premier trimestre sur un résultat positif, les perspectives restent négatives. Seule la hausse du coût de l’énergie fait briller une lueur d’espoir pour le secteur de la construction, car elle incite les entreprises à diminuer leur consommation d’énergie par le biais d’isolations.

Évolution incertaine des taux d’intérêt

La guerre au Proche-Orient a entraîné un fort renchérissement du prix du pétrole et du gaz naturel.
Néanmoins, une hausse des taux d’intérêts aurait des conséquences bien plus fâcheuses sur le secteur de la construction. L’augmentation du prix du pétrole se répercute sur de nombreuses marchandises et prestations. Pour l’instant, la SSE estime peu probable le risque d’une hausse des taux d’intérêt. Les prévisionnistes tablent sur une inflation d’environ 0,5% cette année et sur des valeurs à peine plus élevées pour l’année prochaine, trop peu pour justifier une intervention de la part de la Banque nationale.

Néanmoins, le coût accru de la construction pourrait constituer un frein à la croissance. En effet, le coût du transport a augmenté, et certains matériaux de construction subissent de plus en plus des majorations de renchérissement. Comme au début de la guerre en Ukraine, le coût de la construction devrait augmenter, mais dans une bien moindre mesure.

Perspectives floues dans le génie civil

Comme le confirme l’indice de la construction, les répercussions sur le bâtiment restent limitées. Ce secteur devrait même poursuivre sa croissance ces prochains trimestres. Dans le génie civil, en revanche, la situation actuelle a une incidence sur les revêtements suite à la forte augmentation des prix du bitume. Le chiffre d’affaires dans le génie civil a d’ailleurs enregistré une stagnation au cours du premier trimestre 2026. L’indice de la construction prévoit un ralentissement de la croissance pour le reste de l’année. La hausse des coûts d’acquisition peut considérablement diminuer les marges si l’allocation de renchérissement a été exclue par contrat. 

Il convient néanmoins de préciser que la pénurie de matériaux de construction reste encore un problème très limité. Selon le Centre de recherches conjoncturelles (KOF), seuls 6% des entreprises de construction signalent actuellement des problèmes de disponibilité. Au plus fort de la guerre en Ukraine, ce chiffre atteignait encore 50%.

Elle repense la construction

Bianca Weber-Lewerenz, experte en IA dans le bâtiment, engagée pour la numérisation du secteur

Experte en IA pour le secteur de la construction, Bianca Weber-Lewerenz montrera à la Journée de la construction comment le numérique peut atténuer la pénurie de main-d’œuvre et rendre les objectifs de durabilité réalisables. 

Bianca Weber-Lewerenz parle la langue des contremaîtres et celle des statisticiens. Plus jeune, elle a encore eu besoin d’une autorisation spéciale pour suivre sa formation de maçonne. Elle connaît le secteur de la construction sur le bout des doigts et est aujourd’hui, en tant qu’ingénieure civile indépendante, une experte très demandée en matière de numérisation et d’IA. Elle ne se contente pas de penser à la technologie, elle la repense. La numérisation est pour elle plus qu’une simple technologie ou une fin en soi, c’est une libération pour le secteur de la construction. 

Très tôt, elle s’est intéressée aux processus numériques, aux procédures automatisées et à la question de savoir comment construire plus efficacement. Alors que le débat sur le numérique ne faisait que commencer, Bianca Weber-Lewerenz s’intéressait déjà aux modèles décisionnels basés sur les données et à l’utilisation de l’IA pour optimiser les processus de construction. «La technologie doit résoudre les problèmes, pas en créer de nouveaux», aime-t-elle expliquer. Convaincue que le secteur de la construction est confronté à un changement structurel, elle estime que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, les exigences environnementales croissantes et la pression sur les coûts imposent de nouvelles approches. Les outils numériques et l’IA sont à cet égard des facteurs concurrentiels décisifs. 

Confiance dans le numérique 

Dans un récent ouvrage (Wertakzente im Bauwesen 4.0), Bianca Weber-Lewerenz décrit les profondes mutations induites par la fulgurante explosion de l’IA et son impact sur les humains, la société et l’environnement. En tant que moteur économique important, notre branche doit selon elle se pencher tout particulièrement sur la manière dont elle entend atteindre les objectifs de durabilité. Sa réussite dépend aussi de la capacité à identifier et exploiter correctement les potentiels, ainsi qu’à définir les risques et évaluer les conséquences. De plus, les technologies doivent être développées et utilisées de manière audacieuse et judicieuse. «Les technologies numériques et l’IA doivent rendre le travail des individus plus sûr et plus efficace, et les aider. Ce n’est qu’en reconnaissant les avantages et les opportunités que les gens pourront faire confiance à ces technologies», écrit-elle dans son livre. 

Trois candidats à la présidence

L’Assemblée générale de la SSE élira cette année un nouveau président central. Trois candidats se présentent à la succession de Gian-Luca Lardi, en poste depuis 2015 et dont le mandat arrive à échéance à la fin de l’année. La JSE a posé trois questions essentielles pour le secteur de la construction à Martin Keller Christian Wasserfallen Manfred Schmid.

Martin Keller

Quelles sont d’après vous les trois principaux défis de notre branche?

Les trois principaux défis sont pour moi la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, les retards dans la construction et les inégalités au sein de notre branche.

Quelle est votre approche? Quelles sont les solutions?

Assurer la relève: Nos entreprises ont de plus en plus de mal à enthousiasmer la jeunesse avec nos superbes métiers. Il faut donc continuer à renforcer la formation et le perfectionnement au sein du secteur principal de la construction, et aussi favoriser les reconversions professionnelles. Les conditions de travail doivent évoluer avec leur temps. Les collaborateurs sont le capital de nos entreprises et ils veulent se sentir appréciés.

Des autorisations plus rapides: les oppositions et divers obstacles bureaucratiques entraînent des retards de plus en plus fréquents dans les projets de construction. Nous devons davantage sensibiliser à l’importance de procédures d’autorisation efficaces et nous engager activement en faveur de modifications législatives visant à accélérer les procédures de planification et d’autorisation, et ce à tous les niveaux politiques.

Égalité des chances: l’équité est acquise lorsque tous ceux qui travaillent dans le secteur principal de la construction disposent des mêmes conditions. Il faut combattre le dumping salarial, les embauches illégales et l’usage abusif de la faillite. Des informations complètes doivent à ce titre être fournies, et les conséquences doivent être connues.

Qu’est-ce qui est particulièrement important pour vous dans le travail associatif?

Le bottom-up avant le top-down: la Suisse est fédérale et il en va de même à la SSE. Les décisions ne doivent pas toujours être prises de haut en bas. En effet, qui travaille à la base, connaît le mieux les besoins de la branche. S’affirmer davantage: le secteur principal de la construction ne fait pas qu’apporter une contribution significative à la stabilité économique de la Suisse, il joue également un rôle déterminant pour les infrastructures sociales et la création de valeur régionale. Nous pouvons être fiers de nos réalisations et devons les mettre davantage en avant. C’est ainsi que nous obtiendrons la reconnaissance que nous méritons. Le dialogue plutôt que la confrontation: le partenariat social ne peut fonctionner que si l’on entretient un dialogue stable fondé sur l’objectivité, le respect mutuel et, surtout, le long terme. Des échanges réguliers permettront de dissiper les malentendus et de trouver des solutions communes.

Christian Wasserfallen

Quelles sont d’après vous les trois principaux défis de notre branche?

Permettre la réalisation de projets de construction à coût raisonnable: la réalisation de logements et d’infrastructures en nombre suffisant marque le pas; diverses conditions-cadres et oppositions empêchent les investissements ciblés. Des infrastructures efficaces sont indispensables pour l’avenir. Disposer de main d’œuvre en quantité suffisante et la former et la transformation numérique comme opportunité: il n’est pas juste question de numérisation à proprement parler, mais de vrais gains de productivité dans la branche et de qualité, et non pas d’efforts inutiles.

Quelle est votre approche? Quelles sont les solutions?

En matière d’aménagement du territoire, il faut élargir les possibilités de reclassement en zone à bâtir. La protection des monuments historiques (enjeu de l’ISOS) doit être ramenée à l’essentiel, et les oppositions abusives doivent être supprimées. L’efficacité de la nouvelle CN doit être évaluée en permanence. Les projets d’infrastructure prévus dans la proposition «Transports ’45» doivent être réalisés rapidement dans toutes les régions. Lors de l’adjudication, il convient de privilégier les projets qui proposent l’offre la plus avantageuse et non le prix le plus bas.

En matière de main d’œuvre, nous avons besoin d’une stratégie de promotion des métiers efficace, comme la plateforme professions-construction.ch, d’une implication active, par exemple des parents et des enseignants, ainsi que de profils professionnels modernes et attrayants, susceptibles notamment d’attirer les personnes en reconversion professionnelle.

Les nouveaux outils que sont le BIM ne sont efficaces que si des règles et normes claires sont mises en place pour toutes les parties prenantes – des maîtres d’ouvrage aux planificateurs en passant par les ingénieurs et entrepreneurs. J’analyse les solutions au regard de la capacité à être adaptées aux PME.

Qu’est-ce qui est particulièrement important pour vous dans le travail associatif?

La solidarité et le soutien de toutes les régions sont essentiels dans le travail associatif. La SSE apporte une valeur ajoutée à ses membres et s’impose comme un leader d’opinion de premier plan, bénéficiant d’un réseau solide au niveau fédéral avec les associations faîtières, le Parlement et l’administration. Mon bilan en tant que président d’Infra Suisse et ma connaissance approfondie du secteur et des dossiers constituent en ce sens une base solide. Je comprends les rouages du Parlement fédéral et je souhaite les mettre au service de nos intérêts en m’appuyant sur des positions bien fondées.

Manfred Schmid

Quelles sont d’après vous les trois principaux défis de notre branche?

Un des plus grands défis est la cohésion au sein de l’association. La Suisse est emprunte de fédéralisme, chaque région a ses propres besoins, et la SSE doit malgré tout parler d’une seule voix. Les conditions-cadres et la réglementation croissante mettent le secteur sous pression. L’objectif «zéro émission nette en 2050» impose d’importants investissements, surtout pour les PME, et des contraintes supplémentaires alourdissent le quotidien. Un autre défi est celui de la formation. Le Masterplan 2030 fixe le cap, mais recruter des apprentis/es reste difficile.

Quelle est votre approche? Quelles sont les solutions?

La cohésion peut être renforcée, si les régions sont prises au sérieux et impliquées. Originaire d’un canton bilingue, je connais la sensibilité des régions linguistiques et me sens comme un bâtisseur de pont. Je veux être présent et assumer mes responsabilités à Zurich. Nous ne pouvons influer sur les conditions-cadres que si nous nous impliquons politiquement. La SUVA est un exemple: nos représentants au sein des organes de la SUVA doivent faire preuve d’esprit critique. Avec un taux de solvabilité de 190% bien supérieur au minimum légal, on peut se demander si la branche ne paie pas trop cher. Les remboursements et les adaptions doivent être examinés. La formation reste un enjeu central. Un budget de 1,6 million a été alloué; les centres de formation font du bon travail et doivent être encore renforcés afin que la formation reste moderne et axée sur la pratique.

Qu’est-ce qui est particulièrement important pour vous dans le travail associatif?

La transparence vis-à-vis des sections et des membres est pour moi essentielle, car elle instaure la confiance. Les délégués doivent recevoir les documents dans leur intégralité et en temps utile, afin de disposer de suffisamment de temps pour discuter de sujets complexes. En tant que président, je souhaite rester visible et recueillir les préoccupations directement sur le terrain. En l’absence de réseaux d’influence, je peux agir en toute indépendance. La SSE doit clairement se présenter comme une association d’entrepreneurs. Avec plus de 20 milliards de chiffre d’affaires et 90 000 employés/es, nous jouons un rôle systémique et devons nous affirmer avec assurance. Les discussions que j’ai eues durant ma campagne m’ont montré à quel point notre association est active et me confortent dans ma décision d’assumer cette tâche.

Stopper l’inflation normative pour relancer la construction de logements

La création de logements marque le pas en Suisse. Deux ans après l’entrée en vigueur du Plan d’action sur la pénurie de logements de la Confédération, le nombre de logements vacants continue de baisser dans de nombreuses villes et agglomérations. Malgré la forte demande et une augmentation significative des demandes de permis de construire, l’activité de construction résidentielle reste insuffisante.

Cela s’explique, d’une part, par l’augmentation de la densité normative dans le domaine de la construction et de l’aménagement du territoire, puisqu’on dénombre plus de 140 000 prescriptions générant des coûts inutiles estimés à 1,7 milliard de francs par an. D’autre part, les projets de construction font l’objet d’un nombre croissant de recours et les procédures d’octroi des permis de construire sont trop longues, les délais prévus étant régulièrement dépassés.

La loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT 1) empêche, à juste titre, le mitage du territoire. La Société suisse des entrepreneurs (SSE) soutient certes cet objectif, dont les effets sur la pénurie de logements ont cependant été sous-estimés. En adoptant la LAT 1, nous avons introduit une limitation artificielle des terrains constructibles, tout en décidant d’intensifier et de valoriser l’utilisation de l’environnement construit. Cette loi pourrait finalement être remise en question si nous ne parvenons pas à mettre en œuvre le développement vers l’intérieur requis et que, parallèlement, les files d’attente s’allongent devant les appartements à visiter pendant que le nombre de logements vacants continue de baisser. Pour éviter une telle issue, nous devons agir dès maintenant, en faisant preuve de cohérence.

« En adoptant la loi sur l’aménagement du territoire, nous avons introduit une limitation artificielle des terrains constructibles. »

Il ressort d’une enquête menée auprès d’experts pour le compte de l’Office fédéral du logement (OFL) que les oppositions et les recours constituent les principaux obstacles à la construction de logements. Ainsi, environ 70% des demandes de permis de construire déposés en ville de Zurich font l’objet d’oppositions. Un arrêt du Tribunal fédéral de 2011 pose le principe que des tiers non directement atteints peuvent former opposition à un projet de construction et la motiver par des arguments matériellement non pertinents. Ces deux aspects doivent être corrigés.

Le dépôt d’oppositions justifiées doit certes rester possible, mais uniquement de la part des personnes directement concernées qui peuvent faire valoir des intérêts dignes de protection. L’obligation de participer aux frais et de verser des dommages-intérêts permettrait de lutter contre les oppositions abusives. Soutenues par la SSE, ces deux revendications ont été reprises dans des interventions parlementaires à l’échelon national. Plusieurs cantons ont déjà mis en place des réglementations prévoyant le prélèvement de taxes et/ou le versement de dommages-intérêts en cas d’oppositions abusives. La SSE est favorable à ce que les autres cantons instaurent des mesures similaires et les appliquent de manière cohérente.

Il ne faut pas oublier par ailleurs que dans différents cantons, les droits des constructions sont encore axés sur la construction en zone verte et entravent involontairement la densification. Les prescriptions relatives aux distances de sécurité, les réglementations sur les ombres portées ou la majoration de la distance à la limite (supplément de distance) compliquent considérablement les projets concernant les centres-villes. Des efforts prometteurs sont déployés pour changer cette situation. Le canton de Zurich propose ainsi de réviser sa loi sur l’aménagement du territoire et les constructions dans l’objectif d’assouplir la délivrance des permis de construire, de supprimer les articles obsolètes et de simplifier les procédures. Les petits projets de construction ne seraient par exemple plus soumis à autorisation, mais simplement déclarés aux autorités.

« Environ 70% des demandes de permis de construire déposés en ville de Zurich font l’objet d’oppositions. »

Dans le canton de Zoug, plusieurs communes ont mis en place des «zones blanches»: en situation de pénurie de logements, certaines prescriptions de construction sont assouplies jusqu’à ce qu’un nombre suffisant de nouveaux logements soient construits et disponibles. La population concernée a voté démocratiquement en faveur de ces zones blanches, et il est souhaitable que d’autres cantons et communes leur emboîtent le pas. Dans le sillage du canton de Zoug, et compte tenu de la pénurie de logements constatée depuis des années dans de nombreux cantons, la question d’une loi d’urgence se pose même à l’échelon national. Les cantons devraient être tenus de définir dans leurs plans directeurs des zones dans lesquelles, en cas de pénurie de logements, certaines prescriptions telles que le coefficient d’utilisation seraient suspendues jusqu’à ce que le taux de logements vacants redépasse la barre des 1%.

Enfin, l’utilisation de données statistiques actuelles constitue un levier important. La LAT 1 encourage le développement de l’urbanisation vers l’intérieur – autrement dit la densification – afin de préserver les espaces verts et d’éviter le mitage du territoire. Les communes ont toutefois l’obligation de planifier et de mettre à disposition suffisamment de terrains à bâtir pour répondre à la croissance démographique attendue au cours des 15 prochaines années, en s’appuyant sur les prévisions de l’Office fédéral de la statistique (OFS). Une planification unique n’est toutefois pas suffisante, car les prévisions sous-estiment de 8,8% la population réelle après quinze ans. L’OFS actualise ses prévisions tous les cinq ans, ce qui réduit la marge d’erreur à seulement 0,2%. Les cantons et les communes ne devraient donc pas se contenter de planifier leur développement tous les quinze ans, mais actualiser leurs prévisions à un rythme quinquennal sur la base des dernières projections de l’OFS. Le recours à des données prévisionnelles plus précises et plus actuelles permet de prendre à temps les mesures nécessaires à la création de nouvelles zones à bâtir et de pallier ainsi l’insuffisance de logements.

La diminution de la densité normative et des voies de recours n’entraîne pas une baisse de la qualité, mais favorise la création de logements et donne plus de possibilités d’agir en faveur d’une urbanisation durable vers l’intérieur. L’instauration de règles claires, simples et cohérentes est l’unique moyen de garantir la construction de logements et une mise en œuvre efficace à long terme de la LAT 1. C’est à cette fin que la SSE se mobilise.

Cet article a été publié pour la première fois dans La Vie économique, 10 mars 2026.

Initiative SSR: manœuvres de diversion des opposants

La campagne relative à l’initiative SSR omet souvent de mentionner que les entreprises doivent payer depuis 2019 une taxe SSR calculée en fonction du chiffre d’affaires.

Il y a dix ans, la population suisse a voté sur la modification de la Loi fédérale sur la radio et la télévision (LRTV), qui prévoyait notamment l’introduction d’une taxe SSR calculée en fonction du chiffre d’affaires. Un grutier interrogé à ce sujet s’est prononcé sans détours: «Un accident pourrait être fatal. Je ne peux absolument pas me permettre d’être distrait.» Pour lui, écouter la radio au travail est inenvisageable. Un collègue partage son avis: «Nous devons pouvoir communiquer entre nous. Sur le chantier, personne n’écoute la radio ou ne regarde la télévision.»

L’éthique des médias prime la sécurité au travail

Ces voix ne se font pas entendre dans la campagne actuelle, notamment car la votation de l’époque était en juin, en pleine saison de construction, et non en hiver comme aujourd’hui. Dix ans plus tard, le débat a pris une tournure bien différente: les échanges sont dominés par un discours académique sur l’éthique des médias, tandis que la question de la sécurité au travail n’est pratiquement pas abordée.

Impossible, irresponsable et interdit!

La Société Suisse des Entrepreneurs regrette ces manœuvres de diversion pour le moins dangereuses utilisées par les opposants à l’initiative. Sur les chantiers, on ne trouve en général aucune radio ni poste de télévision en dehors de la baraque. Pour des raisons de sécurité, les distractions visuelles ou sonores sont en effet souvent proscrites. Les entreprises de construction sont néanmoins assujetties à la redevance, et ce en raison de leur activité économique générant un chiffre d’affaires important. Dans la pratique, cela se traduit par des factures à quatre ou cinq chiffres sans qu’aucun produit audiovisuel ne soit consommé.

Hier comme aujourd’hui la règle est la suivante: écouter la radio sur les chantiers est impossible, irresponsable et interdit! Il est d’autant plus important de voter «oui» à l’initiative SSR le 8 mars 2026.

Votation populaire du 8 mars 2026: non à l’initiative pour un fonds climat!

Le dimanche 8 mars 2026, la population se prononcera sur l’initiative populaire pour un fonds climat déposée par le PS et les Verts. La SSE recommande de rejeter cette initiative extrême et coûteuse.

L’initiative entend renforcer la protection du climat et la production énergétique nationale par des investissements publics supplémentaires afin de lutter contre le réchauffement climatique et ses conséquences, conformément aux accords internationaux sur le climat. Pour ce faire, la Confédération doit créer un fonds qu’elle alimentera chaque année à hauteur de 0,5 à 1% du produit intérieur brut (soit de 4,8 à 9,5 milliards de francs pour l’année 2030, date à laquelle le fonds pourrait être créé).

Selon la SSE, cette initiative va trop loin. Avec la loi sur le climat et l’innovation (LCI), la Suisse a déjà pu définir la stratégie à suivre pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, de même qu’elle a pu améliorer les instruments de façon ciblée via les lois sur le CO₂, sur l’énergie et sur l’approvisionnement en électricité. Il existe déjà une multitude d’instruments, grâce à ces nombreuses lois spéciales définissant des objectifs et des besoins ciblés.

La création d’un tel fonds est disproportionnée. Aujourd’hui déjà, la Confédération alloue directement et indirectement au moins 14 milliards de francs à la décarbonisation (sans prendre en compte les dépenses des cantons). L’initiative entraînerait un nouvel endettement de la Confédération, et le frein à l’endettement ancré dans la Constitution s’en verrait affaibli. La Confédération est déjà confrontée à un problème de dépenses et doit faire des économies importantes dans les années à venir. Si le fonds était financé par des recettes supplémentaires, alors la mise en œuvre de l’initiative nécessiterait probablement des hausses d’impôts, qui pourraient se répercuter sur les ménages et les entreprises. De telles conséquences ne sont pas envisageables et sont à proscrire absolument.

La SSE et la sphère économique recommandent de rejeter l’initiative afin de préserver l’attractivité de notre économie et de nos entreprises.

Technique et économie d’entreprise – Données et outils 2026 disponibles

Les produits liés aux calculs et décomptes des coûts ont été mis à jour. Les nouvelles données et outils sont désormais disponibles.

Aides à la calculation pour les travaux en régie

La nouvelle édition des aides au calcul pour les travaux en régie comprend environ 7’000 positions concernant les matériaux, machines, engins, matériel d’exploitation, outillages et prestations de tiers. Les prix des matériaux se basent sur les données actuelles des fournisseurs et tiennent compte des prévisions de renchérissement pour 2026.

Par rapport à l’année précédente, les prix des matériaux présentent certes certaines variations, mais dans l’ensemble, ils n’ont guère augmenté de manière significative. Une exception concerne les prix des carburants, qui ont diminué par rapport à l’année précédente.

Outil pour les salaires en régie (tool RL)

Comme les aides au calcul pour les travaux en régie ne contiennent pas de taux de salaire, la SSE met à disposition de ses membres un outil permettant de déterminer facilement et de manière fiable les taux de salaire de régie spécifiques à l’entreprise.

L’outil actualisé est mis gratuitement à disposition des membres et offre de nombreuses analyses statistiques – en particulier des statistiques salariales détaillées par classes de salaire et par canton.

Données d’inventaire DBI, TFI, LISC

Les données d’inventaire comprennent les « données de base de l’inventaire » (DBI), les « taux internes de facturation » (TFI) et la « Liste suisse des inventaires de construction » (LISC). Elles ont été révisées et mises à jour de manière sélective.

Schéma de calcul (outil BC)

Pour la détermination du salaire de calcul, l’outil BC offre une automatisation complète, de nombreux indicateurs statistiques et d’informations de fond utiles.

La nouvelle édition tient compte de la statistique salariale actuelle, des évolutions des charges salariales annexes ainsi que des dispositions liées nouvelle CN.

Analyses standard / CAN

Pour le calcul d’articles normalisés des principaux chapitres du secteur principal de la construction (CAN), quelques 16000 analyses de calcul sont disponibles.

  • 140 salaires sectoriels
  • 4 600 matériaux
  • 1 900 machines, engins, matériel d’exploitation et outillage

La structure des analyses standard permet un ajustement efficace pour le calcul des coûts spécifique à l’entreprise et à l’objet.

  • Nouvelle édition CAN 113

Le chapitre «Installation de chantier» a été renouvelé. La structure du chapitre, révisé pour la dernière fois en 2014, est restée quasiment inchangée. La section 900 a été déplacée vers la section 100, dans laquelle figurent par exemple la sécurité au travail et la protection de la santé.

Les mesures de protection spécifiques au chantier, c’est-à-dire les mesures couvrant plusieurs entreprises, doivent désormais être décrites en détail. Cela permet de quantifier ces mesures, de répondre aux exigences de l’Ordonnance sur les travaux de construction (OTConst) et de garantir une description équitable des prestations. De nouvelles positions ont également été ajoutées pour les prestations «en dehors de la durée des prestations de l’entrepreneur».

  • Nouvelle édition CAN 114

Le chapitre «Échafaudages de travail» a été adapté à l’OTConst révisée, aux fiches techniques de la SUVA et à la norme 118/222 « Conditions générales pour la construction d’échafaudages ».
Afin de permettre la réutilisation des analyses de calcul individuelles de l’ancienne édition, une liste de correspondance facilite l’attribution.

Variation des salaires et indice des frais de personnel

L’indice des frais de personnel tient compte des salaires moyens selon l’enquête salariale 2025 ainsi que des charges salariales annexes, majorées du renchérissement résultant des adaptations de la nouvelle CN.

La publication de ces indices aura lieu après vérification par la KBOB vers la fin février 2026.

Informations supplémentaire :

conseils-te@entrepreneur.ch
Tél. : +41 58 360 77 04